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La Côte, le vignoble vaudois entre Lausanne et Genève

La Côte, le vignoble vaudois entre Lausanne et Genève

Les vins de La Côte proviennent de la plus vaste région viticole du canton de Vaud : plus de la moitié du vignoble vaudois, sur les pentes douces qui dominent le Léman entre Lausanne et la frontière genevoise, découpée par le règlement cantonal en douze lieux de production.

Où commence et où finit La Côte

Le règlement sur les vins vaudois définit La Côte par districts : elle comprend toutes les communes viticoles de l’Ouest lausannois, de Nyon et de Morges. Quatre communes du district de Morges en sont exclues, La Sarraz, Pompaples, Orny et Eclépens, rattachées aux Côtes-de-l’Orbe parce qu’elles regardent vers le nord du canton. À l’est, la région touche donc les portes de Lausanne ; à l’ouest, elle s’arrête à la frontière avec Genève, dont le vignoble suit d’autres règles, celles des premiers crus de Genève.

Entre ces deux bornes, le vignoble s’étage entre la rive du lac et le pied du Jura. Les pentes y sont nettement moins raides qu’à Lavaux : beaucoup de parcelles se travaillent au tracteur, et les villages viticoles alternent avec des vergers, des champs et des forêts. Sur les cartes, La Côte ressemble moins à un coteau unique qu’à une succession de replats et de versants.

Douze lieux de production, de Morges à Nyon

Chaque région vaudoise se subdivise en lieux de production, ensembles de communes aux caractéristiques géologiques et climatiques voisines. Pour La Côte, le règlement en énumère douze :

  • Morges : une trentaine de communes autour de Morges, d’Aclens à Yens ;
  • Aubonne : la partie de la commune d’Aubonne située à l’ouest de la rivière du même nom ;
  • Perroy : Perroy et Allaman ;
  • Féchy : Féchy et Bougy-Villars, avec une partie de Perroy et le vignoble des Curzilles à Aubonne ;
  • Mont-sur-Rolle : Mont-sur-Rolle, Rolle et Essertines-sur-Rolle ;
  • Tartegnin : Tartegnin et une partie de Gilly ;
  • Coteau de Vincy : le reste de la commune de Gilly ;
  • Bursinel : Bursinel et Dully ;
  • Vinzel : Vinzel et Bursins ;
  • Luins : Luins, avec des parcelles de Begnins et le vignoble des Sâles à Gland, à l’est du fossé antichar ;
  • Begnins : Begnins, Vich et Gland ;
  • Nyon : les communes situées entre la Sérine, la Promenthouse et la frontière genevoise.

La mention d’un fossé antichar dans un texte viticole surprend : elle rappelle que certaines limites suivent encore un ouvrage militaire du XXe siècle. Pour afficher l’un de ces noms, un vin doit provenir d’au moins 60 % de raisins du lieu, le solde venant d’un autre lieu de la même région ; le nom du lieu remplace alors celui de la commune.

Chasselas majoritaire, un tiers de cépages rouges

Selon Statistique Vaud, La Côte représente plus de la moitié de la surface viticole cantonale et fournit plus de la moitié de la production ; deux tiers de ses vignes portent des cépages blancs, un tiers des rouges. À l’échelle du canton, l’OFAG recense environ 2 180 hectares de chasselas sur 3 749 hectares de vignes, ce qui fait de Vaud le premier canton de Suisse pour ce cépage.

Sur La Côte, le chasselas donne des vins secs à la robe pâle, aux arômes discrets de fleurs blanches, de tilleul et de fruits à chair blanche, avec une acidité modérée ; il se sert autour de 8 à 10 °C. Un chasselas vaudois peut aussi porter la dénomination traditionnelle Dorin. Les rouges reposent sur le gamay, le pinot noir et les croisements vaudois, le gamaret et le garanoir, qui couvrent ensemble quelque 270 hectares dans le canton selon l’OFAG ; les rouges vaudois peuvent prendre la dénomination traditionnelle Salvagnin.

Lieux, maturité et crus de La Côte : quatre réponses

Que garantit le nom Féchy ou Mont-sur-Rolle sur une bouteille ?
Il garantit que le vin est une AOC vaudoise issue au moins à 60 % de raisins récoltés sur ce lieu de production, le reste provenant de La Côte. Le nom désigne un territoire défini par le règlement cantonal, pas une marque ni une cave.
Quelle maturité minimale le règlement impose-t-il ?
Pour La Côte, les raisins doivent atteindre au moins 15,7 % Brix, soit 64 degrés Oechsle, pour les cépages blancs, 70 °Oe pour le gamay et 75 °Oe pour les autres cépages rouges. Le Chablais et Lavaux ont un seuil légèrement plus élevé pour les blancs (65 °Oe).
Un vin de La Côte peut-il être grand cru ?
Oui, s’il porte un nom de lieu de production ou de commune, provient au moins à 90 % de ce lieu, a été vendangé avec 5 °Oe de plus que le minimum régional, n’a pas été coupé et affiche son millésime. Le système vaudois est comparé aux autres cantons dans la page sur les grands crus et premiers crus en Suisse.
Et la mention premier grand cru ?
Elle est accordée parcelle par parcelle par une commission cantonale, sur dossier technique (sol, pente, exposition, notoriété). Le règlement exige alors des vendanges manuelles, au moins 6 000 ceps par hectare, un rendement limité à 0,80 litre par mètre carré pour le chasselas et une maturité d’au moins 75 °Oe pour ce cépage.

Lire l’étiquette d’un vin de La Côte, mention par mention

Une étiquette de La Côte se lit du plus large au plus précis. Le cadre fédéral, qui laisse aux cantons le soin de définir leurs appellations, est présenté dans la page sur le système des AOC en Suisse ; le règlement vaudois ajoute ensuite ses propres niveaux.

  1. L’appellation de région : « La Côte », avec la mention d’appellation d’origine contrôlée.
  2. Le lieu de production ou la commune : Morges, Aubonne, Luins ou Nyon, par exemple, selon la règle des 60 %.
  3. Le cépage ou la dénomination traditionnelle : chasselas, gamay, pinot noir, ou bien Dorin pour un chasselas et Salvagnin pour un rouge vaudois.
  4. La mention de cru éventuelle : grand cru ou premier grand cru, avec leurs conditions propres.
  5. Le millésime, obligatoire pour les grands crus et les premiers grands crus.

Sur une étiquette, on lit par exemple « La Côte AOC, Mont-sur-Rolle, Chasselas, grand cru », puis le millésime : chaque mot renvoie à un article du règlement. Une mention absente n’est pas un défaut ; elle signifie simplement que le vin n’a pas demandé, ou pas obtenu, la catégorie correspondante. Les autres régions du canton, du Chablais aux Côtes-de-l’Orbe, sont présentées dans l’ensemble des régions viticoles suisses.

Sources : Règlement sur les vins vaudois du 27 mai 2009 (BLV 916.125.2), version consolidée en vigueur dès le 1er avril 2021 (art. 3, 6, 9, 18, 24, 25, 43 à 51) et modifications des 29 novembre 2023 et 28 août 2024, consultés le 16 octobre 2026 ; Ordonnance sur la viticulture et l’importation de vin (RS 916.140), état consulté le 16 octobre 2026 ; Statistique Vaud, Numerus hors-série Viticulture, juillet 2019 (données 2018) ; OFAG, L’année viticole 2025, statistiques vitivinicoles (tableaux 1.1 à 1.3).

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