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Lire une étiquette de vin suisse, mention par mention

Lire une étiquette de vin suisse, mention par mention

L'étiquette d'un vin suisse doit indiquer la classe du vin et son origine (AOC suivie du nom géographique, vin de pays ou vin de table suisse), le titre alcoométrique en % vol., le volume, le nom et l'adresse du responsable, le numéro de lot et les allergènes, sulfites en tête.

Les mentions obligatoires, ligne par ligne

Les règles d'étiquetage du vin se répartissent entre trois textes fédéraux : l'ordonnance sur le vin pour la classe et l'origine, l'ordonnance du DFI sur les boissons pour les mentions propres au vin, et l'ordonnance du DFI concernant l'information sur les denrées alimentaires (OIDAl) pour le titre alcoométrique, le lot et les allergènes. Sur une bouteille de vin suisse, on doit trouver :

  1. la dénomination spécifique, c'est-à-dire le nom de la classe : « vin d'appellation d'origine contrôlée » ou « AOC » avec le nom du canton ou de l'aire, « vin de pays » avec sa provenance, ou « vin de table » avec la seule indication « suisse » ;
  2. le nom ou la raison sociale et l'adresse du producteur, de l'encaveur, du négociant, de l'embouteilleur ou du vendeur ;
  3. le pays de production, s'il ne ressort pas déjà de la dénomination ou de l'adresse ;
  4. la teneur en alcool en « % vol. » ;
  5. la quantité nominale, par exemple 75 cl ou 50 cl ;
  6. le lot, qui permet de retrouver la cuve ou la mise en bouteille ;
  7. les ingrédients allergènes encore présents, en pratique « contient des sulfites » au-delà de 10 mg de SO2 par litre, et l'œuf ou le lait s'ils ont servi au collage et restent détectables ;
  8. le cas échéant, la mention d'un organisme génétiquement modifié ou d'un traitement ionisant.

La liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle ne sont pas obligatoires pour le vin. Lorsqu'elles sont fournies à titre facultatif, elles peuvent l'être sous forme électronique, par exemple au moyen d'un code imprimé sur la contre-étiquette, selon les conditions reprises du droit européen.

Champ visuel, langue et tolérance sur le degré

Toutes les mentions obligatoires, à l'exception des allergènes et du lot, doivent figurer dans le même champ visuel, c'est-à-dire lisibles sans tourner la bouteille. En pratique, la dénomination, le degré et le volume se trouvent donc ensemble, souvent sur l'étiquette principale ou sur la contre-étiquette. Les caractères doivent atteindre une hauteur minimale de 1,2 mm, ou 0,9 mm sur un petit emballage.

L'ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels impose au moins une langue officielle de la Confédération. Un chasselas vaudois étiqueté en français est conforme dans toute la Suisse, de même qu'un räuschling zurichois étiqueté en allemand.

Le titre alcoométrique affiché peut s'écarter de la valeur mesurée de 0,5 % vol. au plus. La tolérance monte à 0,8 % vol. pour les vins mousseux et pétillants, les vins de liqueur, les vins de raisins surmûris et les vins d'appellation d'origine conservés plus de trois ans en bouteille.

Cépage, millésime, commune : la règle des 85 %

Un nom de cépage n'est permis sur l'étiquette que si le vin en est issu à 85 % au moins ; plusieurs cépages se citent dans l'ordre décroissant de leur poids. Le même seuil vaut pour le millésime : 85 % au moins des raisins doivent avoir été récoltés l'année indiquée. Les cantons peuvent durcir ces règles pour leurs AOC.

Vaud, par exemple, exige 90 % de chasselas pour un blanc AOC vendu sans nom de cépage et n'admet la mention d'un cépage d'assemblage que s'il atteint 15 %. En Valais, le nom d'une commune suppose 85 % de raisins de son territoire, le solde devant venir de communes limitrophes. La mention vaudoise « Grand cru » monte à 90 % de raisins du lieu de production ou de la commune.

Sec, demi-sec, doux : les seuils de sucre résiduel

Pour les vins tranquilles, l'indication de douceur est facultative ; si elle figure, elle doit correspondre aux seuils fixés par l'ordonnance du DFI sur les boissons. Pour les vins mousseux, une mention de douceur est au contraire obligatoire.

Mention (vins tranquilles)Sucre résiduel par litre
sec4 g ou moins
demi-sec, mi-sec ou légèrement douxplus de 4 g, jusqu'à 12 g
demi-doux ou mi-douxplus de 12 g, jusqu'à 45 g
douxplus de 45 g

Pour les mousseux, l'échelle va de « extra-brut » (0 à 6 g) à « doux » (plus de 50 g), en passant par « brut » (moins de 15 g), « extra-sec », « sec » et « demi-sec ». Les vins flétris, vendanges tardives et sélections de grains nobles obéissent en plus à des définitions de sucre naturel détaillées dans la page sur les vins flétris et liquoreux suisses.

Château, clos, vigneron-encaveur : mentions encadrées par les cantons

Plusieurs termes ne relèvent pas de la Confédération mais des cantons. En Valais, « Château » désigne la récolte de parcelles formant une unité d'exploitation rattachée à un bâtiment historiquement appelé château, et « Clos » des parcelles cadastrées ainsi ou séparées des voisines par un mur, une haie ou une falaise. La mention « mise d'origine » y est réservée aux vins embouteillés dans le canton. Un « vigneron-encaveur » valaisan transforme et vend ses propres produits et n'achète pas plus de 2 000 litres par an dans la même région de production.

Le droit fédéral interdit en outre toute allusion à un fût ou à une barrique lorsque le bois a été apporté sous forme de morceaux de chêne. Les mentions de cru, enfin, varient d'un canton à l'autre et sont comparées dans la page sur les grands crus et premiers crus suisses ; le cadre des trois classes est détaillé dans celle sur le système des AOC en Suisse, et les noms propres comme Dôle ou Salvagnin dans celle sur les dénominations traditionnelles. Les autres règles se trouvent dans la rubrique appellations et droit du vin.

Sulfites, code électronique, abréviation AOC : questions d'étiquette

Pourquoi presque toutes les étiquettes indiquent-elles « contient des sulfites » ?
Le dioxyde de soufre protège le vin de l'oxydation et des micro-organismes, et il en reste presque toujours plus de 10 mg par litre dans le vin fini. Au-delà de ce seuil, la mention est obligatoire, même pour un vin peu soufré.
Le millésime est-il obligatoire ?
Non, au niveau fédéral, il est facultatif. Certains cantons le rendent obligatoire pour des mentions précises : le millésime doit figurer sur un Grand Cru valaisan, sur un grand cru vaudois et sur un premier grand cru vaudois.
Un vin de table suisse peut-il indiquer un cépage ?
Non. Sa seule indication d'origine est « suisse », et toute mention de cépage, de millésime ou de provenance plus précise est interdite. Il faut au moins la classe vin de pays pour nommer un cépage.
La mention « AOC » doit-elle être écrite en toutes lettres ?
Le droit fédéral admet l'abréviation « AOC » suivie de l'origine. Vaud accepte la mention complète, son acronyme ou les deux ; Genève admet « AOC » ou « AOC 1er cru » à condition que le nom géographique figure à proximité immédiate.

Sources : Ordonnance du DFI sur les boissons (RS 817.022.12), art. 75 et 76, état le 1er août 2026, consultée le 16 octobre 2026 ; Ordonnance sur la viticulture et l'importation de vin (RS 916.140), art. 27e, état le 1er janvier 2026 ; Ordonnance du DFI concernant l'information sur les denrées alimentaires (OIDAl, RS 817.022.16), art. 3, 4, 11, 18 et annexe 6, état le 1er juillet 2025 ; Ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs, RS 817.02), art. 36, état le 1er juillet 2025 ; Canton du Valais, Ordonnance sur la vigne et le vin (916.142), art. 63, 65, 66, 70 et 94, état le 1er avril 2026 ; Canton de Vaud, Règlement sur les vins vaudois (916.125.2), art. 22, 23, 43 et 51, version du 31 août 2024 ; Canton de Genève, Règlement sur la vigne et les vins (M 2 50.05), art. 31, état au 1er avril 2026.

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